Par Nathalie St-Pierre, rédactrice pour Le Monde forestier
Située au nord du fleuve Saint-Laurent, la région de la Capitale-Nationale se distingue par son couvert forestier dominant : 81 % du territoire est forestier. De ces 16 952 km2 de forêt, environ 69 % relèvent du domaine public, tandis que 31 % appartiennent à des propriétaires privés. Ce vaste territoire, marqué par un relief accidenté et une mosaïque de lacs et rivières, abrite une biodiversité exceptionnelle et constitue un pilier de l’économie régionale. L’Association forestière des deux rives (AF2R) veille à sensibiliser les communautés à l’importance de cette richesse naturelle.
La région est aussi reconnue comme capitale forestière du savoir, regroupant la plus forte concentration de chercheurs en foresterie au Canada, notamment à l’Université Laval et au Centre de foresterie des Laurentides. Cette expertise soutient ainsi une industrie dynamique. Depuis plus de 67 ans, l’organisme sans but lucratif et organisme de charité AF2R sensibilise les communautés de la région. Sa mission repose sur trois axes : éduquer, conserver et verdir.
Éducation : le pilier de la mission
L’éducation forestière est le volet le plus important. L’AF2R propose des activités en classe et en nature, des visites guidées, des formations, des outils pédagogiques adaptés au programme ministériel et un volet métiers qui s’ajoute pour les élèves du secondaire. Parmi les initiatives phares figurent :
Projet en milieu défavorisé consistant en des sorties éducatives au parc de la Jacques-Cartier pour reconnecter les jeunes à la nature.
Viens vivre la forêt : activité d’exploration des métiers en foresterie destinée aux jeunes, dont la 20e édition se tiendra en 2026 à la station Duchesnay et rassemblera 200 participantes et participants.
Camp forêt des profs qui est une formation immersive pour enseignants et conseillers en orientation. « On fait connaître la complexité de la gestion de la forêt. Mieux comprendre la forêt fait d’eux des relayeurs d’informations », souligne JULIE MOLARD, directrice générale de l’AF2R.
En 2024-2025, l’AF2R a rejoint 5 277 élèves et 194 enseignants grâce à son programme Forêt et faune à l’école. Et la publication d’un cahier spécial dans le cadre du Mois de la forêt est distribué à près de 213 000 exemplaires, via deux quotidiens.
Conservation et mise en valeur
L’AF2R mène également des projets structurants pour restaurer et protéger les milieux naturels. À titre d’exemple, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes à la Baie de Beauport a permis d’extraire 1 019 kg de renouée japonaise. L’association travaille également avec des propriétaires privés sur des projets de conservation volontaire de milieux d’intérêts, notamment des milieux humides. Elle a aussi inauguré cet automne, avec l’Université Laval, les sentiers éducatifs de la tourbière Joncas à la Forêt Montmorency. Un sentier pédestre sera aménagé en 2026 à Sainte-Brigitte-de-Laval.
Verdissement et aménagement
En plus de planter arbres et arbustes et de distribuer près de 80 000 plants dans le cadre du Mois de l’arbre et des forêts au cours de l’année 2024-2025, l’AF2R a également transformé des cours d’école en espaces verts avec classes extérieures et contribué au Plan de verdissement du Port de Québec.
Le programme Au-delà des murs c’est vert illustre bien cette mission, dont celui fait à l’école L’Eau-Vive. Deux phases ont permis d’aménager un boisé avec sentiers, classe extérieure et cabanes à oiseaux et à insectes, puis de transformer la cour du préscolaire en bel espace vert ludique. Ce projet coup de cœur du président et de la directrice générale sera bientôt étendu à cinq nouvelles écoles grâce au soutien du Fonds d’action québécois pour le développement durable.
Des projets porteurs pour 2025-2026
Les projets à venir sont tout aussi nombreux. En plus de poursuivre les sorties en forêt, l’AF2R prévoit également créer des outils pédagogiques clés en main à utiliser par les enseignants avant et après les sorties. Des projets de verdissement sont également à venir, notamment la trame verte du CHU de Québec, qui compte six établissements hospitaliers et le verdissement de quatre CHSLD en collaboration avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale.
Un acteur clé dela transition écologique
Avec un budget de 800 000 $ et une équipe de 8 employés, l’AF2R réalise des projets d’envergure grâce à plus de 200 bénévoles, 100 collaborateurs et 50 partenaires financiers. Elle a même contribué à proposer la candidature de Québec pour accueillir la 16e Conférence canadienne sur la forêt urbaine en octobre 2026.
Comme le rappelle son président, PIERRE FONTAINE : « L’explorateur océanographique Jacques-Yves Cousteau disait “On protège ce que l’on aime et on aime ce que l’on connaît”. Dans bon nombre de nos projets, nous cherchons à combler le déficit-nature chez les jeunes et les moins jeunes. »
Ce texte est extrait de l’édition Décembre-janvier 2026 du journal Le Monde forestier. Pour accéder à l’édition numérique complète, cliquez ici.


