Mon île sans renouée : campagne de sensibilisation et de mobilisation citoyenne
Après trois années de campagne de sensibilisation et de mobilisation citoyenne, l’Association forestière des deux rives (AF2R) dresse un bilan positif du projet « Mon île sans renouée », une initiative exemplaire de lutte contre la renouée du Japon, menée avec la collaboration active des résidents, écoles, municipalités et partenaires de l’île d’Orléans et de la grande région de Québec.
Lancé au printemps 2023, ce projet s’inscrivait dans le cadre du Plan d’action Saint-Laurent 2011-2026 et visait à répondre à une problématique environnementale croissante : la propagation de la renouée du Japon, une espèce exotique envahissante (EEE) qui compromet la biodiversité des milieux naturels et anthropisés et favorise l’érosion des berges, notamment en bordure du fleuve Saint-Laurent. L’objectif était double : sensibiliser et outiller les citoyennes et les citoyens tout en posant des gestes concrets pour restaurer les milieux naturels affectés.
Une mobilisation forte et durable

Tout au long du projet, l’équipe de l’AF2R a multiplié les occasions de rencontre avec la population. Une escouade a visité 1 891 résidences dans les six municipalités de l’île dans le cadre d’une vaste opération de porte-à-porte, permettant de rencontrer directement 718 personnes, de les sensibiliser à la problématique de la renouée du Japon et de documenter la présence de cette espèce sur le territoire.
Des conférences, kiosques publics, ateliers et outils pédagogiques ont permis d’atteindre 1 090 personnes directement, tandis que les communications numériques et imprimées ont touché près de 29 000 personnes. Le site web du projet a enregistré 937 visites.
L’implication des jeunes a aussi été au coeur du projet : 78 élèves et trois enseignants de 3e cycle du primaire des écoles de l’île ont participé à des ateliers éducatifs sur les EEE et à la plantation d’arbustes indigènes sur les sites de démonstration, contribuant ainsi concrètement à la restauration écologique et ancrant ainsi les valeurs de protection du territoire dans les générations futures.
Des actions concrètes sur le terrain
Deux sites de démonstration ont été aménagés pour illustrer la méthode de lutte combinée utilisée : arrachage manuel et compétition végétale par plantation d’espèces locales. Au Parc maritime de Saint-Laurent et à la plage de l’école primaire de Saint-Laurent, 20 sessions d’arrachage ont permis de traiter
74 m² de terrain (42 m² et 32 m² respectivement), et de retirer 1 009,3 kg de renouée, ensuite envoyée à l’incinérateur.
Pour restaurer les sites et freiner la repousse, 178 végétaux indigènes ont été plantés, incluant du myrique baumier, du saule de l’intérieur et du sureau du Canada. Ces interventions ont été réalisées avec l’appui de nombreux bénévoles, montrant l’engagement de la communauté.
Une meilleure connaissance du territoire
Le projet a permis de recueillir 62 nouvelles observations de renouée du Japon sur le territoire de l’île d’Orléans, dont 38 via la plateforme iNaturalist et 24 à l’aide d’un formulaire en ligne mis à la disposition du public. Bien que la vaste majorité de ces colonies soient situées en bordure de routes, dans des friches, des jardins ou des terrains résidentiels, et non dans des milieux naturels d’intérêt, ces signalements ont contribué à mieux documenter la répartition de l’espèce sur l’île.
En parallèle, l’équipe de l’AF2R a identifié 33 milieux naturels présentant la présence de renouée, et a sélectionné 5 sites prioritaires pour y réaliser une caractérisation écologique complète. Ces cinq sites, répartis sur quatre municipalités, représentent une diversité de contextes : milieux forestiers, terrains agricoles, milieux humides et secteurs riverains. Deux de ces propriétés présentent encore des colonies actives de renouée, dont une à proximité directe de milieux naturels d’intérêt. Les trois autres, bien que marquées par une présence historique de la plante, témoignent d’un contrôle efficace et d’une absence de repousses. Les recommandations formulées varient selon les cas : arrachage manuel, bâchage, végétalisation compétitive, suivi à long terme ou encore mesures pour éviter la dispersion par la machinerie. Ces analyses soulignent l’importance d’une approche différenciée, adaptée aux usages du sol et aux sensibilités écologiques de chaque site.
Un projet mobilisateur et structurant
Un grand nombre de citoyennes et de citoyens ont participé aux activités du projet, que ce soit lors des séances d’arrachage, des plantations, des ateliers éducatifs ou des événements publics. Cette mobilisation collective témoigne d’un attachement profond au territoire et à sa préservation. Par ailleurs, dix-sept partenariats ont été établis avec des organismes locaux, institutions, médias et municipalités, renforçant l’impact et la portée du projet sur l’ensemble du territoire.
« Ce projet laisse un double héritage : des sites restaurés, mais aussi une communauté plus informée, plus vigilante et mobilisée pour agir face aux espèces envahissantes », souligne Thierry Ah-woaye, chargé de projets à l’AF2R.
Une base solide pour l’avenir
Avec cette première phase de lutte, l’île d’Orléans dispose désormais d’une base de connaissances et d’un réseau citoyen averti pour envisager une phase II du projet, qui viserait l’élargissement des interventions à d’autres sites sensibles du territoire.
Remerciements
L’AF2R tient à remercier chaleureusement les citoyennes et citoyens de l’île d’Orléans qui ont répondu à l’appel et se sont mobilisés avec enthousiasme dans le cadre du projet Mon île sans renouée. Leur engagement concret, sur le terrain et en ligne, a été au coeur du succès de cette initiative. Nous soulignons également l’apport inestimable de nombreux collaborateurs et partenaires, qui ont appuyé la démarche tout au long du projet.
Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution du Programme Interactions communautaires (PIC), dans le cadre du Plan d’action Saint-Laurent 2011-2026, mis en oeuvre par l’Agence de l’eau du Canada (AEC) et le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec (MELCCFP). Il a aussi bénéficié d’un soutien du Fonds d’action Saint-Laurent (FASL), via son Programme maritime pour la biodiversité du Saint-Laurent (PMB) et grâce au soutien financier du gouvernement du Québec dans le cadre d’Avantage Saint-Laurent, la vision maritime provinciale.
À propos du Fonds d’action Saint-Laurent (FASL) :
Le Fonds d’action Saint-Laurent est un organisme de bienfaisance voué au soutien financier de projets qui favorisent la conservation des écosystèmes et de la biodiversité du fleuve Saint-Laurent et de son golfe ainsi que le maintien et la mise en valeur de ses usages.

À propos d’Avantage Saint-Laurent
Lancée en 2021, Avantage Saint-Laurent est la vision maritime du gouvernement du Québec. Elle s’articule autour de trois orientations soit celles de doter le Saint-Laurent d’infrastructures portuaires modernes et compétitives, d’assurer sur le fleuve, une navigation efficace et respectueuse des écosystèmes et d’offrir aux communautés maritimes des possibilités de développement prometteuses et durables.

À propos du Plan d’action Saint-Laurent 2011-2026
Les gouvernements du Canada et du Québec collaborent depuis 1988 à conserver et à mettre en valeur le Saint-Laurent. C’est ainsi que leurs interventions ont, entre autres, contribué à : réduire la pollution ; conserver, réhabiliter et aménager des habitats pour la faune et la flore ; développer les connaissances et outiller les décideurs pour une meilleure prise de décision ; encourager les pratiques de navigation durables ; sensibiliser et mobiliser des communautés. Forts de leurs réalisations antérieures, les gouvernements poursuivent et étendent leur collaboration dans le cadre du Plan d’action Saint-Laurent, lequel regroupe les efforts d’un nombre record de 19 agences et ministères gouvernementaux.

En collaboration avec :
• Agence de l’eau du Canada
• Agence des forêts privées de Québec 03
• Association forestière du Sud du Québec
• Comité d’environnement de Saint-Pierre
• Conseil de bassin de la rivière du Cap-Rouge
• Conseil régional de l’environnement – région de la Capitale-Nationale
• Journal Autour de l’Île
• Journal L’Autre Voix / Métro Québec
• MRC de L’Île-d’Orléans
• Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
• Municipalité de Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans
• Municipalité de Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans
• Stratégies Saint-Laurent
• Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec
• Télévision d’ici (La)
• Union des producteurs agricoles de l’île d’Orléans
• Université Laval
Source et information :
Thierry Ah-woaye, Tech. Milieu naturel
Chargé de projets en éducation et conservation
[email protected] | 418 515-9344


