Par Joanie Fontaine-Dupont, agente en milieux naturels à l’AF2R
David Rouillard est marteleur au Groupement forestier de Beauce. Son travail consiste à identifier avec précision les arbres à récolter ou à préserver, conformément aux travaux sylvicoles et aux plans d’aménagement forestier. Passant de longues heures à parcourir la forêt, il s’appuie sur son sens de l’observation constamment affûté et sa connaissance fine des écosystèmes forestiers.
Peux-tu nous décrire ton travail et nous dire depuis combien de temps tu l’exerces ?
« Je suis responsable du martelage au Groupement forestier de Beauce depuis 2021. Je m’occupe de la prescription, du martelage et du suivi des travaux. »
Le Groupement forestier de Beauce possède une expertise dans l’aménagement forestier, la coupe de bois, les érablières et la restauration des forêts. Par ses services forestiers, il répond aux besoins spécifiques des producteurs forestiers, de la Beauce et de l’Estrie.
Pour un marteleur, la sélection des arbres à récolter repose sur plusieurs critères : l’essence, le diamètre et l’âge de l’arbre, la qualité du tronc, l’état de santé de l’arbre, la structure du peuplement ainsi que le potentiel de valeur faunique.
Crédit photo : Touche du bois
Quel aspect de ton travail préfères-tu ?
« J’apprécie la flexibilité de mon horaire de travail, la tranquillité du milieu, l’apprentissage au quotidien, ainsi que les échanges avec les différents métiers de la foresterie. J’éprouve aussi une grande fierté à voir le résultat concret d’une coupe que j’ai martelée. »
Quelle est ta formation ?
« J’ai fait un DEP en aménagement de la forêt à l’école de foresterie de Duchesnay. C’est une formation de 1215 heures répartie sur 10 mois. »
Le marteleur sélectionne et marque les arbres à récolter ou à protéger. Il considère un ensemble de critères lui permettant de concilier la production de bois, le respect de la biodiversité et la santé des forêts, tout en respectant les plans d’aménagement prescrits.
Le marteleur entretient un contact privilégié avec la forêt, lui permettant d’observer des oiseaux, des champignons et d’autres éléments remarquables de nos forêts.
Pourquoi as-tu choisi ce domaine ?
« Je voulais retourner en campagne pour élever mes enfants. Avant, je travaillais pour la SÉPAQ, je faisais de la construction de sentier au parc national de la Jacques-Cartier. J’ai voulu pousser plus loin mes connaissances en foresterie et vu ma situation familiale (j’allais devenir papa), j’ai décidé de faire un DEP au lieu d’une technique. »
Quels conseils donnerais-tu aux jeunes intéressés par ton domaine ?
« Je leur dirais que c’est un métier qui s’apprend avec le temps : il faut environ un an pour bien le comprendre et une autre année pour le maîtriser. Faire des erreurs fait partie du processus, et chaque erreur est une occasion d’apprendre. Il faut être rigoureux, aimer le travail bien fait et avoir une bonne endurance physique. Un certain orgueil peut même être un moteur au début. Il faut aussi être capable de passer des journées seul en forêt… et ne pas avoir peur des ours ! »
Le bois préalablement sélectionné par le marteleur est récolté par une abatteuse multifonctionnelle, puis transporté par un porteur forestier jusqu’au chemin forestier. Sur l’image, on aperçoit un porteur forestier.
Y a-t-il des préjugés que tu aimerais démystifier ?
« J’aimerais préciser que je travaille pour la forêt et pas pour le bûcheron. Je fais allusion à l’argent ici, car un arbre possède une valeur monétaire. Durant ma prescription sylvicole et mon martelage, je ne prends pas en considération le revenu que le travail va rapporter. Pour moi, c’est important de toujours être professionnel et de ne pas se laisser influencer. C’est d’ailleurs pour cette raison que je récolte mes données seul et parle de mes observations au propriétaire qu’à la toute fin. De plus, quand je fais mes choix d’arbres durant le martelage, je le fais en fonction des maladies dans le but d’augmenter ou de conserver la santé de la forêt. »
Ainsi, le métier de marteleur exige patience, sens de l’observation et intégrité, des qualités que David incarne au quotidien. À travers son parcours, il nous rappelle que la foresterie est avant tout un engagement envers la santé et l’avenir des forêts.
Merci, David, pour ce merveilleux témoignage !
Pour plus d’informations sur le métier de marteleur, consultez le site internet touchedubois.org.


