Par Joanie Fontaine-Dupont, agente en milieux naturels à l’AF2R
Gilles Therrien est technologue en transformation des produits forestiers. Pendant 25 ans, il a travaillé principalement comme inspecteur, puis comme chef inspecteur, au Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ). Son travail consistait à s’assurer que les usines de transformation des produits forestiers respectaient les normes en vigueur et, le cas échéant, à repérer rapidement les anomalies et à formuler des recommandations.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
« J’ai commencé ma carrière en 1985 en tant que contrôleur de la qualité et optimisation dans une usine de bois d’œuvre. J’ai aussi travaillé deux ans comme responsable du laboratoire dans une usine de Panneau OSB.
Depuis 1999, je travaille pour le Conseil de l’Industrie forestière du Québec (CIFQ). J’ai débuté comme inspecteur pour ensuite devenir chef inspecteur en 2022 jusqu’à ma retraite en 2024.
Maintenant, je donne de la formation en classification et je reste disponible pour faire les inspections mensuelles et autres tâches. »
Le Conseil de l’Industrie forestière du Québec (CIFQ) est un organisme qui représente les intérêts des entreprises de sciage résineux et feuillus, de déroulage, de pâtes, papiers, cartons et panneaux et fabricants de bois d’ingénierie.
Il oriente et soutient ses membres à travers différents enjeux tels que la foresterie et l’approvisionnement, l’environnement et l’énergie, la reconnaissance de la qualité des produits, les ressources humaines, la santé et sécurité du travail et la veille légale, économique, réglementaire et de développement des marchés.
Quel aspect de votre travail avez-vous préféré ?
« Lorsque j’étais inspecteur (et chef inspecteur), j’aimais le fait de travailler à plusieurs endroits, dans différentes usines, donc de ne pas avoir à ouvrir la même porte tous les matins.
Nous travaillions avec plusieurs intervenants différents, classificateurs, contrôleurs de la qualité, directeurs. Nous avions aussi à travailler avec les “Standards canadiens CLSAB”, les “Standards américains ALSC” et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).
Ce genre de travail nous permettait aussi d’être à l’affût des nouvelles technologies dans l’industrie.
Et j’adorais faire de la route ! »
L’inspecteur au CIFQ est plus qu’un « contrôleur » : il conseille et accompagne les membres du conseil lors des inspections régulières dans les usines et les établissements, afin de les aider à respecter les normes et à maintenir une qualité constante.
Crédit photo : Cégep de St-Félicien.
Quelle formation avez-vous suivie ?
« J’ai un diplôme d’études collégiales (DEC) en transformation des produits forestiers que j’ai obtenu en 1983.
J’ai aussi suivi des cours en administration à l’Université. »
Le technologue en transformation des produits forestiers est formé pour transformer efficacement le bois. Il travaille principalement en usine avec des systèmes informatisés, mais il s’occupe également du contrôle des opérations, de la planification, de la santé et de la sécurité des travailleurs et du respect des normes environnementales.
Pourquoi avez-vous choisi ce domaine ?
« C’est le genre de liberté que ce travail pouvait m’apporter qui m’intéressait. J’aime être autonome dans mon quotidien. J’aimais aussi être en contact avec plusieurs personnes dans l’industrie. »
Bien que sa carrière soit terminée, M. Therrien continue d’offrir, à l’occasion, des formations sur la classification du bois d’œuvre (montant, charpente légère de structure et MSR). Sur cette photo, on le voit accompagné d’un groupe d’étudiants issus de deux compagnies différentes lors d’une formation donnée au bureau d’Arbec à l’Ascension.
Qu’est-ce que vous diriez à des jeunes pour les motiver à aller dans votre domaine?
« Il est important que tu prennes un peu d’expérience en usine avant de te lancer dans l’inspection. L’expérience te permet d’avoir une plus grande vue d’ensemble et surtout d’avoir un meilleur discernement lorsqu’une situation critique se présente.
Il faut que tu sois à la fois autonome sur la route, que tu saches planifier ton travail et que tu aies un bon esprit d’équipe avec tes collègues. Et surtout ne pas hésiter à poser des questions.
Donc si tu n’aimes pas la routine, ce travail est fait pour toi. »
Y a-t-il des préjugés que vous aimeriez démystifier ?
« Je n’aime pas penser que certaines personnes voient les inspecteurs comme des obstacles à leur réussite. Au contraire, nous faisons équipe avec nos membres. Nous supportons nos membres en donnant de la formation, en les aidant lorsqu’il y a de nouvelles technologies, etc.
Heureusement, les mentalités changent pour le mieux avec le temps. »
Merci M. Therrien pour ce merveilleux témoignage !
Pour plus d’informations sur le métier de technologue en transformation des produits forestiers, consultez le site internet touchedubois.org.


